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10.04.2007
décibel
Alice Debonnet-Lambert, directrice du Centre d'Information et de Documentation sur le Bruit "Nous avons bien avancé, mais il faut maintenant agir et cela nécessite de l'argent et une réelle volonté politique" : Alice Debonnet-Lambert dresse le bilan des dix ans de la loi "anti-bruit" et souligne "le coût social énorme" qu'engendrent les nuisances dues au bruit.
Quelle est la définition du bruit ? Alice Debonnet-Lambert : C'est un phénomène physique qui engendre une sensation considérée comme gênante ou désagréable. Il se mesure, alors que sa perception est une sensation individuelle et subjective. Au travail, une activité est considérée comme dangereuse pour la santé si elle subit une exposition prolongée de plus de 85 décibels. Le bruit est en tête des nuisances pour les Français et pourtant les pouvoirs publics ne s'y attèlent guère.
Pourquoi ? A. D-L. : Le gouvernement a fait voter une loi sur le bruit en 1992. C'est l'ossature de l'action réglementaire. De nombreux décrets ont été publiés et continuent d'être publiés. Nous disposons d'un arsenal bien complet en France. Certes, il manque encore des décrets sur les activités commerciales, garages, restaurants, laveries. Il n'existe pas encore de réglementation pour ces secteurs mais cela va venir. Il manque aussi des affichages sur les appareils électroménagers bruyants.
Quel est le bilan des dix ans de la loi ? A. D-L. : Nous avons bien avancé, mais il faut maintenant agir et cela nécessite de l'argent et une réelle volonté politique. Le problème avec cette pollution, c'est que la définition même du bruit et sa perception sont différentes selon les personnes. Un maire va pouvoir changer les revêtements routiers ou insonoriser les façades, et dépenser des sommes folles. Pourtant il risque de ne pas obtenir pleine satisfaction. Il y a une vraie demande sociale. Angers, ville pilote dans la lutte anti-bruit, a même engagé un psychologue ! Il y a une dimension culturelle, sociologique et psychologique du bruit, au-delà même des techniques et des réglementations. Une personne qui n'a pas vécu des troubles dus aux bruits ne se rend pas forcément compte des impacts sur la santé. D'ailleurs, il n'y a jamais eu d'étude épidémiologique sur le sujet, pourtant cela représente un coût social énorme : troubles du sommeil, dépression, retards à l'école, tranquillisants... Le ministère en charge de l'environnement a toujours des causes plus spectaculaires à résoudre : AZF à Toulouse, inondations, marées noires... Cela recule toujours l'échelle du risque du bruit, qui en définitive n'est pas pris au sérieux. L'Europe va finalement obliger la France à dynamiser sa politique de lutte contre les nuisances sonores avec la création des cartes du bruit.
Concrètement, comment cela va se passer ? A. D-L. : Cela va nous obliger à passer à la vitesse supérieure. Les villes vont être contraintes à remettre des cartes du bruit et à prendre également des mesures près des voiries trop bruyantes. Désormais par exemple à Paris, vous pouvez connaître quartier par quartier, le niveau de bruit de votre immeuble. Pour louer ou acheter cela aide à la décision ! Propos recueillis par Bathilde Debeaupte (avril 2003).
13:50 Publié dans silva | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bruit, nuisance sonore, environnement, pollution


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